Bla de décembre 2018

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Tu montes, chéri-e? C’est autogéré…

Ni tout à fait ceci ni tout à fait cela, L’Usine est une et indivisible, mais l’élastique reliant ses diverses entités se tend parfois jusqu’au point de rupture au fil des discussions, de ses implications en interne comme dans la Ville. Plus ou moins politisée selon l’air du temps, les urgences, elle n’est pas le lieu de la radicalité. Elle soutient les causes qui lui importent, suscite parfois des événements qui dépassent largement ses murs et ne répond pas toujours à l’endroit où on l’attend. Aussi transparente qu’opaque, elle communique. Parfois bien, parfois moins bien. Loin d’être parfaite, depuis son origine elle ne cesse de se chercher, de s’interroger, de questionner son fonctionnement, sa place dans la Cité. Il peut paraître difficile d’entrer au sein de l’association autogérée qu’elle héberge. Pourtant, l’un de ses voeux les plus chers est d’intégrer celles et ceux qui souhaitent participer à cette expérience unique. Elle se renouvelle sans cesse, mêle intimement nouvelles-aux et ancien-ne-s et, contrairement à ce qu’on pourrait croire, ça n’était pas mieux avant; juste plus facile d’exister dans une Cité qui ne pouvait faire autrement que de la tolérer dans son paysage urbain. Les temps sont lointains – il y a une trentaine d’années – où l’association Etat d’Urgences (devenue L’Usine) obtenait, entre-autres et avec le prêt à usage du lieu, une possibilité d’ouverture 24 heures sur 24; au fil des ans, diverses administrations ont grignoté ce qu’elles estimaient être des privilèges obsolètes. Lois et règlements se sont multiplié-e-s, tendant à réduire ses libertés au minimum syndical. Pourtant, contre vents et marées, elle se tient toujours debout, à la fois forte et fragile. 2019 verra poindre son 30ème anniversaire; elle, à qui on disait “vous êtes jeunes, ça vous passera” a encore bien des surprises dans son sac à malice et vous prépare quelques amuseries dont elle seule a le secret…

Greta Gratos