Leçon d’hispoire – Martine a le feu aux fesses

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Leçon d’hispoire – Martine a le feu aux fesses

par le professeur Roultabille, spécialiste ès Sciences humaines et couillonnaires

NB: l’hispoire désigne une suite d’événements passés mis en corrélations les uns avec les autres et emballés dans une couche plus ou moins branlante de croyances optimistes

Avant la fameuse extinction Crétacé-paléogène ou K-Pg, anciennement nommée crise du Crétacé-Tertiaire ou K-T, les dinosaures représentent la majeure partie du règne animal, sur les terres comme dans les mers. Leur compétitivité dans l’accès aux ressources et leur propension à la territorialité cantonnent les autres espèces à un développement en survivance et non concurrentiel.

Là, vous vous dites que c’est trop long.

Oui mais voilà, il y a environ 66 millions d’années, la fête de Petit-Pied prend fin dans un tourbillon pyrotechnique; ça sent le roussi jusque dans les profondeurs marines. D’après les paléontologues, plusieurs phénomènes naturels sont impliqués dans l’extinction des dinosaures. Parmi ces phénomènes, deux hypothèses majeures sont généralement avancées:

1. Un impact cosmique, soit la rencontre plutôt rapide (entre 7’000 et 40’000 km/h) entre un astéroïde (entre 10 et 81 km de diamètre) et la terre (12’742 km de diamètre), suivi d’un hiver d’impact, soit l’obscurcissement permanent du ciel par les particules issues du séisme.

2. Un volcanisme actif, soit une éruption volcanique prolongée et d’une ampleur considérable, suivie d’un hiver volcanique, soit l’obscurcissement permanent du ciel par les fines particules issues de l’éruption volcanique.

Changement brutal des températures terrestres, acidification des océans, absence de lumière, présence dans l’air de gaz létaux et saturation en CO2, incendies généralisés et tempêtes de feu furent autant de conséquences qui provoquèrent la disparition des trois quarts des formes de vie terrestre et sonnèrent la fin du règne des dinosaures, permettant ainsi à d’autres formes de vie de se développer et de coloniser la Terre.

Finis, les grands prédateurs. Finie, la domination. Finis, la terreur, les carnages et le sang. Les espèces du monde entier purent enfin vivre en harmonie, dans le respect des besoins de chacun.e, de l’autorégulation et de la chaîne alimentaire. Parmi ces espèces, notons la présence et l’expansion non négligeable des mammifères.

Et là, vous me voyez venir…

Parmi les mammifères est répertorié l’australopithèque, ancêtre du genre Homo, dont l’Homo sapiens-sapiens, autrement nommé l’Homme moderne.

À l’abri de la menace qu’auraient pu représenter les tyrannosaures et autres vélociraptors, l’Homo sapiens-sapiens se balade avec toupet dans ses contrées plus ou moins verdoyantes, engoncé dans son trois pièces en poil de cul de marmotte, écrasant de ses gros sabots la végétation environnante, faisant fleurir de-ci de-là des réacteurs nucléaires, s’envoyant en l’air sous le regard effaré de populations qu’il croit trop pauvres ou trop bêtes ou pas assez ouvertes au monde pour voyager, usant de technologies aériennes militaires sur des membres de sa propre espèce, tirant du caoutchouc sur des peuples à genou, envoyant des bateaux gonflables pré-troués à ses voisins méditerranéens, et tout cela avec le sourire blanchi, la main dans le froc et le cul sur le trône.

Mince, ça devait être optimiste. J’y viens.

Oui mais voilà, notre petite histoire de dinosaures cramés nous aura appris que personne n’est à l’abri d’un caillou tombé du ciel ou d’une pluie de braises à 800°C. Le plus chouette étant que l’Homme moderne a su mettre toutes les chances de son côté pour débarrasser le plancher: précipitation du réchauffement climatique, sur-population, appauvrissement des sols, diminution de la surface des terres arables, et ainsi des réserves de nourriture, contamination des sources d’eau potable, catastrophes nucléaires, conflits armés, génocides,…

Youpi, youwou.

Alors soyons optimistes et rassuré.e.s: non, la planète Terre n’est pas perdue!

Car l’Homme est sur le départ et semble promettre, éclairé et conscient, de s’incliner. Et tout cela avec fierté (bien entendu).

Pour le plus grand bonheur de formes de vie en survivance et non concurrentielles.

Sarah