Droit à la ville ou droit au profit : telle est la question

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Le bâtiment sis au 40 rue de la Coulouvrenière, à deux pas de L’Usine, est vide depuis sa création. Il ne s’agit que d’un exemple de l’incohérence d’une gestion du parc immobilier assurant la recherche du profit par des acteurs privés plutôt que la réponse aux différents besoins de la population. Il est donc pour nous fort important de relayer sur notre programme mensuel quelques extraits du communiqué (à l’état de projet, au moment où nous écrivons ces lignes)  du Comité unitaire, qui à Genève se bat contre la spéculation immobilière et pour un véritable droit à la ville.

Le 31 janvier 2018, le Comité unitaire pour le droit à la ville remettait au Conseil d’État genevois une liste de revendications signée par plus 50 organisations. Ces revendications faisaient suite à deux manifestations ayant réuni plusieurs milliers de personnes le 1er juillet et le 7 octobre 2017.

À l’appui de celles-ci, le Comité unitaire indiquait : «Nous voulons que Genève se construise pour et avec sa population en opposition avec la politique actuelle qui sert prioritairement les intérêts des banques, assurances, régies, spéculateurs et autres grandes enseignes.»

Aucune réaction n’a eu lieu de la part des pouvoirs publics. Face à un mouvement inédit par sa diversité et son ampleur au sein de la population, le Conseil d’État n’a apporté qu’un silence méprisant.

Le 17 mars 2018 a eu lieu une troisième manifestation pour le droit à la ville réunissant à nouveau près de 2000 personnes. À l’issue de celle-ci, une partie de la manifestation a investi le 40 rue de la Coulouvrenière, bâtiment vide par la faute de l’État depuis près de 30 ans, en affichant une banderole intitulée « pas de réaction, occupation». À nouveau, la seule réaction du gouvernement a été une intervention policière le lendemain matin à 6h pour vider les occupant.e.s.

Le Comité unitaire prend acte de l’action d’occupation et apporte son soutien à une action sur un bâtiment exemplaire d’une ville tournée vers le profit et la finance, au détriment de la population.

Le bâtiment vide sis au 40 rue Coulouvrenière est emblématique de la faillite de l’État. Il a été construit à la fin des années 1980 grâce à un prêt de 18 mio de francs d’une institution financière publique qui deviendra la Banque cantonale genevoise. Le bâtiment industriel en place est détruit et au lieu d’être remplacé par du logement, c’est un projet de banque qui est privilégié par les investisseurs. Dans les années ‘80, les pouvoirs publics ont ainsi béni une politique foncière ultra-spéculative posant les bases de la crise du logement qui sévit toujours. 

Sans surprise, le bâtiment restera vide et tournera d’assureurs en assureurs pour finir dans les mains de Swiss Life, dont la politique d’acquisition avouée est le placement d’actifs immobilisés pour que son bilan comptable puisse satisfaire leurs actionnaires.

Tout porte à croire que 40 rue de la Coulouvrenière restera ainsi vide, en plein centre-ville… 

…ou pas…

(Communiqué à lire dans son intégralité sur notre site usine.ch. Suivez le mouvement sur renverse.co)