Après "Noel ensemble",

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que diriez-vous de “Noel dans une ville qui ne vous appartient pas, dans un logement qui ne vous appartient bientôt plus et avec des proches potentiellement achetables, jetables ou échangeables comme les cadeaux qu’illes sont allé.e.s vous dégoter au prix de mille tortures visuelle et sonores dans ces temples abondants de la consommation matérielle” je vous l’accorde le titre est un peu long…pas très vendeur.

Mais Noel c’est quoi déjà? La naissance d’un bébé dans une étable et dans un état dans lequel sa famille physique était persécutée et même le fait d’avoir un père virtuel, rois des cieux ne l’empêcha de succomber à la brutalité des romains.

Notre fête se résume donc à la célébration de cette naissance et à échanger des cadeaux autour d’un opulent repas en oubliant presque, l’espace de quelques jours, que nous sommes également oppressé.e.s, je parle là bien sûr du commun des mortels, des 98-99% de la population de nos villes occidentales.

Nous festoyons gaiement dans un système neo libéral qui nous persécute mais juste pas suffisamment pour qu’à l’instar de nos ami.e.s arabes ou de nos ancêtres de la Commune de Paris, nous nous soulevions.

Or le système, à travers la ville dans laquelle nous vivons, est en guerre contre ses habitant.e.s: spéculation, évacuation, privatisation, exclusion, dénonciation…

Si vous pensez qu’à Genève nous sommes encore épargné.e.s par la crise, lisez les rapports et témoignages sur les évacuations dans le quartier des Pâquis ou de la Jonction par exemple. Des immeubles entiers se font vider de leurs locataires pour être rénovés et reloués à des tarifs bien plus élevés que ceux prévus par le cadre juridique en vigueur, cadre non appliqué par une majorité politique du canton qui défend les intérêts de ces organismes agissant quotidiennement contre vous.

Et que dire sur l’espace public ? Ce dernier devient de plus en plus mal aménagé, à travers un mobilier pratique, économique et ignifugé certainement, mais alors pas confortable du tout. Il ne donne pas envie de traîner dehors et c’est bien son objectif.

Les murs des villes sont de plus en plus interdit d’afficher, de dessiner ou de taguer.

Par contre, les panneaux publicitaires, véritable pollution visuelle, fleurissent partout et sont de plus en plus gros et lumineux, afin que vous ne les manquiez pas.

On criminalise l’expression citoyenne, mais on encourage l’expression des multinationales détruisant l’humain et l’environnement sur son passage.

Alors là se pose, entre le deuxième plat et le dessert, la question: que faire?

Un nombre de plus en plus conséquent de citoyens vous répondrait “révoltez-vous”.

Aux Bastions, dans la rue, chez vous, au travail, dans les bus, au supermarché…

En tout cas, reprenez vos droits sur la ville dans laquelle vous vivez.

Et comme à l’Usine au fond nous sommes très à cheval sur les traditions, nous avons aussi rédigé notre lettre au père noel, qui cette année prend la forme de l’Etat de Genève et nous lui demandons un statut qui corresponde au projet de l’Usine.

Nous refusons de diviser nos espaces et d’adopter un statut et des autorisations séparées pour chaque activité, nous avons que trop bien vu les effets du “diviser pour mieux régner (Artamis 2008)” et nous demandons au canton de Genève de prendre en considération le fonctionnement de l’Usine, ainsi que d’autres lieux qui eux aussi ne se retrouvent pas dans la liste de statuts proposée arbitrairement et définie par on ne sait qui, sur on ne sait quels critères.

Nous demandons que la pluralité de nos activités soit reconnue, à travers la création d’un nouveau statut: “le statut pluridisciplinaire”.