La fin du monde pour Grrrnd Zero ?

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Lyon, vous connaissez ? Renseignez vous vite, ça aurait pu être la Capitale Européenne de la Culture en 2013. Des spectacles et des concerts à foison dans son opéra et ses beaux théâtres, de magnifiques expos dans ses galeries d’art contemporain, et plein de touristes du monde entier en perspective.

Et les pauvres dans tout ça ? Comme partout en Europe, on les vire physiquement et urbanistiquement du centre ville ; On nettoie ! leurs lieux de rencontre aussi. Parce que la culture marchande et ses objectifs de rentabilité et de retour d’image n’a que faire du fourmillement culturel de la ville au quotidien.

Connue pour maintenir vide et en état de délabrement une grande partie de son parc immobilier à des fins spéculatives, la communauté de commune du Grand Lyon s’attaque aussi à certains lieux associatifs. Après des lieux mythiques comme l’Insoleuse ou la Friche RVI, la croisade continue…

Le collectif Grrrnd Zero, déjà privé d’évènements publics depuis 6 mois à cause de normes de sécurité trop restrictives, risque de se faire définitivement foutre dehors sans perspective de relogement.

Depuis 7 ans, cette petite équipe de passionné.e.s aménage une ancienne friche industrielle en espace autogéré dédié aux cultures underground/hors normes/DIY/alternatives et fédère une trentaine d’associations. Concerts, expos, projections, festivals mais aussi locaux de répétition, espaces de résidence, sérigraphie, photo, labels, vidéastes… Une programmation pointue mais extrêmement variée toujours à prix modique et négociable, sans sécu privée, sans prévente dans les supermarchés de la culture et sans incitation à la consommation. Ça vous rappelle quelque chose ?

Alors quand nos ami.e.s lyonnais.es lancent un appel à soutien, on ne peut que le relayer.

Pour le maintien de la multiplicité de ses activités dans un seul lieu, favorisant le partage des espaces, la diversité des formes proposées et la rencontre des publics, écrivez en votre nom ou celui de votre collectif au maire de Lyon, Gérard Collomb, et à son adjoint à la culture, Georges Képénékian à ces adresses :

Gérard Collomb – Mairie de Lyon – 1, place de la comédie – 69205 Lyon cedex 01 – France

Gerard.collomb@mairie-lyon.fr et georges.kepenekian@mairie-lyon.fr (en incluant Grrrnd Zero dans le sujet du mail)

Et envoyez des copies à grrrndzero@gmail.com

Plus d’infos : www.grrrndzero.org

 

Alors nous, pour soutenir Grrrnd Zero, on aurait bien fait une manif !

Mais les conditions d’obtention d’une autorisation sont hyper restrictives. Il faut S’y prendre très tôt, ne surtout pas dépasser le temps imparti, ne pas déborder sur la chaussée, ne rien afficher, ne pas faire de bruit et ne pas porter atteinte à la tranquillité publique ni à la sécurité et l’ordre publics.

Évidemment, les sanctions pour non-respect de ces règles sont chères et se concentrent exclusivement sur l’organisateurice qui assume personnellement l’entière responsabilité de la manifestation, ainsi que tous les frais éventuels de nettoyage et de remise en état de l’espace public et des propriétés privées.

Et ça c’est seulement si vous avez l’autorisation. Sinon, distribuez simplement des tracts soulevant le problème du logement aux députés du Grand Conseil et il vous en coûtera 2000.-. Ou participez à l’organisation d’une manif sauvage pour la sauvegarde de lieux alternatifs avec l’association dont vous êtes administrativement responsable et vous serez amendé.e même si vous n’y étiez pas.

Ça vous énerve ? Attendez la suite :

La commission judiciaire du Grand Conseil nous a concocté une nouvelle loi qui sera soumise en votation le 11 mars prochain. Clairement liberticide, celle-ci  fait du Département de la sécurité et de la police le seul juge en matière d’exercice du droit de manifester. Cela touche donc aussi les droits d’expression et de réunion en criminalisant les personnes qui oseraient réagir à la misère ambiante. Ces personnes risqueraient des amendes 10 fois supérieures aux tarifs actuels, des interdictions de manifester et se verraient tenues responsables individuellement pour tout un mouvement social.

Pour attirer les banques, les fonds d’investissement, le luxe et les riches qui vont avec, l’Etat muselle la contestation tout en s’attaquant aux droits fondamentaux.

On vous en reparlera, mais en attendant venez manifester le jeudi 23 février à 18h !