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Cultures en lutte. Entre asservissement et liberté : quel horizon d’émancipation ? 

Dans la société capitaliste contemporaine, la production artistique, comme tous les domaines, est soumise à des logiques marchandes. L’industrie de la culture, qui déborde les cadres de l’art proprement dit, transforme la production artistique en production du divertissement de masse (ou divertissement public). Les œuvres sont reproduites sans limites, diffusées tant qu’elles sont rentables et elles permettent la création de profits énormes.

Dans ce cadre, d’autres domaines comme les beaux-arts (arts plastiques, arts vivants, arts visuels, etc.) ainsi que la production cinématographique indépendante ont longtemps été considérés comme appartenant à une sphère artistique privilégiée, autonome et imperméable aux logiques marchandes.

Malheureusement, il suffit de penser au financement public, toujours plus orienté vers des productions déjà affirmées garantissant des profits sûrs au détriment d’un réel soutien à la création artistique émergente, pour s’apercevoir qu’il n’est pas tout à fait ainsi. D’autres exemples de cette tendance sont les choix des profils plus managériaux à la tête des grandes institutions culturelles, qui sont appelées à bien gérer des budgets plutôt qu’à réfléchir à des lignes artistiques cohérentes et innovantes. Sans parler des prix inaccessibles à la majorité de la population de certaines offres culturelle…

Tout cela au nom de ladite « économie culturelle » ou « économie créative », qui met l’accent uniquement sur le poids économique de ces secteurs et sur leur contribution à la croissance, en refusant de réfléchir un seul instant sur la réelle valeur et le rôle de la culture au sein de la société.

Ce processus de marchandisation des activités artistiques et culturelles nous montre que celles-ci, loin de constituer des domaines de production autonomes par rapport au mode de production dominant, en sont en partie déterminées.

Mais une tension existe entre l’asservissement aux logiques du profit et l’aspiration à la liberté de création qui est intrinsèque à l’activité artistique, parce qu’un art complètement asservi cesserait d’être de l’art ! Si l’art n’a pas le pouvoir de changer le monde – et on peut affirmer que ce n’est pas son rôle de le faire – elle peut jouer sur cette tension et produire une réflexion, une critique et un désir de liberté qui nous pousse à vivre et produire différemment.

Les luttes à l’œuvre dans les milieux culturels dans le monde entiers sont là pour nous le rappeler et nous ne pouvons que les remercier !

(Adaptation d’un extrait de texte d’appel à une soirée de discussion autour des cultures en lutte qui a eu lieu à l’Usine le 31 octobre)