L’Usine et l’extrême droite, secte contre secte ?

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En 2007 Eric Stauffer poursuivait des noirs (pardon, des dealers) jusque dans L’Usine pour le téléjournal du MCG. Il y a deux mois, c’étaient les milices de l’UDC qui patrouillaient caméra au poing dans le quartier pour rendre une justice privée transgressant allègrement la loi. Maintenant c’est au tour de Jean-Philippe Haas, nouvel élu au Conseil Municipal, de venir faire de la provocation dans nos murs.

Nous n’acceptons pas ça !

L’Usine se veut un espace de liberté pour toutes les personnes qui n’ont pas la “chance” d’être né.e.s avec tous les critères du dominant universel. Être homme, blanc, suisse et hétérosexuel n’est pas donné à tout le monde. Alors nous excluons de chez nous tous les discours et comportements racistes, xénophobes, sexistes et homophobes. Et les individus qui représentent les partis d’extrême droite, même s’ils savent parfois bien se cacher, sont connus pour tenir publiquement ce genre de thèses.

Serait-il normal, pour jouer le jeu de la “démocratie”, de permettre à cet élu connu et reconnu de venir narguer les gen.te.s que son parti insulte quotidiennement et qui justement se sentent plus accepté.e.s à l’Usine qu’ailleurs ? Pour être juste, une société ne doit pas simplement être équitable, comme le permet la démocratie, elle doit surtout fonctionner équitablement. L’Usine existe parce qu’elle a défendu, défend et défendra toujours des idées politiques, mais pas comme certain.e.s de nos élu.e.s le souhaiteraient.

On nous accuse alors de ne pas être tolérant.e.s, de faire du “délit de faciès politique”, voir d’être une secte.

Nous sommes certainement plus tolérant.e.s que le MCG. Mais nous avons des idéaux et nous nous battons pour ! Tout comme l’a fait à deux reprises le magistrat en charge de la culture en interdisant la venue de Dieudonné à Genève. Tout comme l’ont fait les militant.e.s antifascistes genevois du siècle passé. Le MCG a certes le droit de s’exprimer, mais l’Usine et les mouvements populistes ne font pas bon ménage.

Pour nous punir, on menace de nous retirer nos “trop hautes” subventions. Vous savez, celles qui nous permettent, en plus de notre travail acharné et très souvent bénévole, d’avoir des prix parmi les plus bas à Genève et ainsi de ne pratiquer aucune discrimination économique. Celles qui nous permettent d’être aux normes. Ou alors celles qui vont nous permettre d’insonoriser le bâtiment pour moins déranger nos voisin.e.s.

Et que représente la part de l’Usine (350 000.-) perdue dans les 230 millions du budget culturel de notre ville?

Nous nous sentons poussé.e.s à bout. Quel sera le prochain prétexte pour nous faire fermer ou rentrer dans le rang?